Si le marché immobilier au Québec a connu une progression fulgurante au cours de la dernière décennie, il se trouve au ralenti depuis la fin de 2012. La dernière année a d’ailleurs été un peu plus difficile et celle qui commence n’annonce pas de progression spectaculaire non plus, mais plutôt une stabilisation du marché.

Les obstacles du marché

Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement. En premier lieu, on trouve la faible croissance économique. Le taux d’emplois est plutôt stable et, surtout, les salaires augmentent peu d’une année à l’autre, contrairement au prix des maisons. Plusieurs institutions ont démontré que les marchés canadiens et québécois sont présentement surévalués.

Il y a également la faible augmentation du nombre de ménages alors que le niveau d’endettement de ceux-ci ne cesse de grimper. En juillet 2012, les règles d’accession à la propriété ont été resserrées, la période d’amortissement des prêts hypothécaires passant alors de 30 à 25 ans.

La combinaison de ces facteurs rend plus difficile l’achat d’une première propriété. En contrepartie, les taux hypothécaires sont actuellement bas et devraient le rester au moins pour la première moitié de l’année.

Le marché du neuf

La progression du secteur de la construction au cours des dernières années a mené à une offre très élevée de logements neufs et existants. Par conséquent, le marché des maisons neuves à vendre devrait connaître un important ralentissement en 2015, avec un nombre de mises en chantier moins important qu’auparavant.

La revente

À l’opposé, le marché de la revente gagne légèrement du terrain depuis quelques mois. On devrait donc assister à une hausse très modérée des prix sur les plupart des marchés du Québec. Quant au nombre de transactions, il connaîtra sans doute une petite augmentation lui aussi.

De manière générale, ce ralentissement n’est pas négatif. C’est qu’après sa progression fulgurante des dernières années pour rattraper les marchés des autres provinces, le marché québécois est en train de se stabiliser et de retrouver un certain équilibre.

Les copropriétés continuent de gagner en popularité, alors que les maisons neuves à vendre et celles déjà existantes suscitent de moins en moins d’intérêt, en raison de leur prix plus élevé, mais également à cause de l’augmentation du nombre de retraités et de la diminution du nombre de nouveaux ménages.

Les possibilités

Si de nombreux experts parlent actuellement d’un amortissement en douceur plutôt que d’une bulle, les dérapages ne sont pas à écarter. Ainsi, une augmentation rapide des taux hypothécaires pourrait résulter en une baisse des prix.

À l’opposé, si les investisseurs commencent à s’intéresser à nos marchés, plus abordables que ceux de Toronto et de Vancouver, la valeur des propriétés pourrait connaître une nouvelle hausse qui serait néfaste, surtout pour les ménages qui n’ont pas encore accès à la propriété.

Néanmoins, aucun de ces deux scénarios ne semble en vue. La stabilisation actuelle est donc aussi bonne pour les acheteurs que les vendeurs, les deux parties ayant un pouvoir de négociation presque égal. 2015 ne sera certainement pas une année record pour l’immobilier québécois, mais elle permettra au moins aux consommateurs de reconquérir un peu leur marché.